Le PARTENARIAT : UN OUTIL EFFICACE DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE ET DE GESTION DURABLE DANS LES RESERVES NATURELLES COMMUNAUTAIRES AU FERLO Version imprimable Suggérer par mail

[Juin 2011]

partenariatLe Sénégal s’est engagé dans une politique de gestion durable de ses ressources naturelles, passant notamment par une plus grande implication des populations à la base. Afin de résoudre certains problèmes majeurs de développement durable et de conservation de la biodiversité, le Projet de Gestion Intégrée des Ecosystèmes dans quatre paysages représentatifs du Sénégal (PGIES) à travers ses quatre (04) sites d’intervention a facilité la mise en place de 25 Réserves naturelles Communautaires (RNC) délibérées par les conseils ruraux pour une utilisation durable des ressources biologiques et une incitation aux actions communautaires de conservation au profit des populations de manière générale et des couches sociales les plus démunies que sont les femmes et les jeunes.

Au Ferlo, quatre (04) ont été créées par l’Unité Locale du Projet (ULP/Ferlo) dont trois (03) en partenariat avec le Projet de Développement Agricole de Matam (PRODAM). Ces RNC dont la gestion est confiée aux groupements d’éleveurs résidant dans des villages appartenant au même terroir, unis par une solidarité résultant du voisinage, possédant des intérêts communs, exploitant les mêmes ressources naturelles et surtout ayant opté librement de s’unir disposent de plan d’aménagement et de gestion élaboré par les acteurs bénéficiaires avec l’appui des services techniques et partenaires intervenant dans la zone.

Ainsi, conscient de l’importance des activités à mettre en œuvre au Ferlo, zone très enclavée caractérisée par un niveau de pauvreté sans précédent des populations et soucieux de la pérennisation des actions entreprises, le PGIES à travers son site Ferlo est parvenu à consolider ses interventions par le biais d’une synergie basée sur la complémentarité des activités des différents partenaires intervenant dans la zone chacun selon ses spécificités.

I-Volet hydraulique:

1.1. La Brigade des Puits et Forages de la région de Matam

 Elle prévoit à travers le programme hydraulique du PEPAM la construction de trois (03) forages multi villages dotés de châteaux d’eau (implantation des sites déjà effectuée). Ces infrastructures ont pour objectif de faciliter l’accessibilité des populations à l’eau potable et de lutter contre la pauvreté. 

1.2. L’Ardèche Drôme Ouro Sogui Sénégal (ADOS)

L’ADOS intervient depuis près de 25 ans dans la région de Matam pour lutter contre la pauvreté et promouvoir un développement harmonieux à travers la construction d’infrastructures socio-économiques de base (cases  et postes de santé, forages et puits hydrauliques, collèges d’enseignement moyen, marchés,…) et le renforcement des capacités des populations et collectivités locales bénéficiaires.

Au vu des interventions du PGIES dans cette partie très enclavée du Ferlo, l’ONG s’est engagée à renforcer ses activités au niveau de la RNC de Mbounguiel où le projet intervenait seul jusqu’en 2009 par la construction de 2 nouveaux forages multi villages en réponse aux difficultés d’accès à l’eau potable des populations pour un montant global de 400 000 000 francs CFA.

Pour une bonne mise en œuvre des activités de sensibilisation et de formation, le Service de l’Hydraulique et l’ADOS comptent sur la bonne maîtrise de la zone par le PGIES du fait de son approche des populations dans le cadre de la préservation des ressources naturelles et de l’environnement.

II-Volet promotion des moyens d’existence durable:
2.1. Le PMF/FEM

Dans le cadre d’une bonne mise en œuvre de ses différentes activités, le PGIES a initié un programme de micro financement à hauteur de cent millions de francs (100 000 000 F CFA) en partenariat avec le PMF/FEM. Ainsi, à travers la mise en place de mutuelles d’épargne et de crédit dotées d’agrément, les populations actives dans le cadre de la gestion durable des ressources et organisées en GIE ou OCB bénéficient de financements sur élaboration de microprojets. Ainsi, de 07 GIE en 2003, un total de 45 GIE a été dénombré en 2010 au niveau des 04 RNC de Loumbol Samba Abdoul (CR Oudalaye, 8 villages), Malandou (15 villages), Windé Diohi (20 villages) et Mbounguiel (33 villages) localisées dans la CR de Wouro Sidy. 

2.2. L’ECIDEC

Le fonds d’Appui aux initiatives Locales est une initiative du conseil Régional de Matam en partenariat avec la région Rhône-Alpes. Il s’inscrit dans une logique de lutte contre la pauvreté par la restructuration et le renforcement du système financier décentralisé régional et l’accès des populations porteuses de projets aux services financiers, notamment le microcrédit pour développer des activités génératrices de revenu.

Pour la mise en œuvre du projet, l’association ECIDEC retenue comme opérateur technique a, dans le cadre d’un partenariat avec le PGIES, eu à former l’ensemble des membres de la mutuelle de Malandou (conseil d’administration, comités de crédit et de surveillance et gérant). Ce programme de renforcement des capacités des populations s’inscrit dans la durabilité car soutenu par le Conseil Régional de Matam.
 
III-Volet nutrition : la Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM)

La Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM) intervient depuis 2008 dans la région de Matam à travers la phase 2 du Programme de Renforcement de la Nutrition (PRN) dont les principaux objectifs sont d’Améliorer l’état nutritionnel des populations et particulièrement la croissance des enfants âgés de moins de 2 ans vivant dans des zones urbaines ou rurales pauvres et de Renforcer les capacités institutionnelles et organisationnelles du pays en matière de nutrition pour la mise en œuvre et l’évaluation de la politique d’améliorer la santé des mères et gardiennes. 

  
A gauche, la Responsable de la CLM remettant à une bénéficiaire lors du programme « cash transfert » la prise en charge pour la prise en charge de
son enfant âgé de moins de 5 ans en présence de l’Assistant du PGIES ; à droite des bénéficiaires faisant la queue afin de recevoir l’appui 
Pour une bonne mise en œuvre de ces activités, la CLM a privilégié la synergie avec le PGIES qui dans ses phases 1 et 2, a beaucoup contribué à la gestion et l’utilisation rationnelles des ressources naturelles et de l’environnement dans la région et particulièrement dans le Ferlo des départements de Kanel et Ranérou.

Ainsi, grâce à la présence du PGIES dans cette zone du Ferlo que la CLM avait du mal à couvrir depuis 2008 du fait de son enclavement (absence de pistes de production et impraticabilité des  routes en hivernage) et vu les difficultés encore persistantes en matière de santé et de nutrition, il est prévu dans les plans d’action et budgets annuels des projets de nutrition des collectivités locales  de Oudalaye et Wouro Sidy de 2011 de former au moins 25 animateurs des RNC de Mbounguiel, de Windé Diohi et de Malandou sur la Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant au niveau Communautaire (PCIME-C) et sur la Prise en charge de la Malnutrition aigue au niveau Communautaire (PECMA-C) pour un montant global de 25.737.696 francs CFA.  En plus de ces fonds, la zone Ferlo des 2 collectivités locales bénéficiera de toutes les autres activités retenues dans le cadre des projets de nutrition financée par la CLM et mis en œuvre par l’Agence d’Exécution Communautaire USE (Union pour la Solidarité et l’Entraide).

IV-Volet GRN : Transformation des réserve de faune du Ferlo en réserve de biosphère :

Le projet d’Amélioration et de valorisation des Services des Ecosystèmes Forestiers (PASEF) est un projet conjoint entre le gouvernement du Sénégal et plusieurs agences du système des Nations Unies. Le Sénégal a acquis sur fonds OMD, l’appui du gouvernement espagnol pour développer ce projet conjoint dont l’objectif global est de contribuer à la réduction de la pauvreté à travers la conservation et la gestion équitable des services des écosystèmes forestiers.
Ainsi, l’UNESCO, à l’instar des autres agences des Nations Unies parties prenantes du Projet d’Amélioration et de Valorisation des Services des Ecosystèmes Forestiers du Sénégal (PASEF) s’est engagé, en collaboration avec les services techniques nationaux et le Comité MAB Sénégalais, à mettre en place une approche pilote pour la création d’une réserve de biosphère conçue avec les communautés locales et gérée par elles.

Pour s’assurer des conditions optimales pour l’atteinte des objectifs fixés, l’UNESCO a travaillé de concert avec le Projet de Gestion Intégrée des Ecosystèmes du Sénégal (PGIES) et les services techniques concernés. A cet effet, plusieurs activités inscrites dans les plans d’actions 2010 et 2011 ont été réalisées et le document final ou formulaire de désignation d’une réserve de biosphère sera déposé en septembre 2011.