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> Situation socio-économique du Sénégal
     
L'économie sénégalaise a renoué avec la croissance au cours de la deuxième moitié de la décennie 90. Le Produit Intérieur Brut (PIB) a crû en termes réels de 5,4 % en moyenne sur la période 1995-1998. Les estimations pour l'année 1999 sont de 5,1 % dans une économie où le taux de croissance démographique est de 2,7 % en moyenne. Ainsi la tendance négative du PIB par habitant, observée au cours de la décennie 80 a été renversée. Deux facteurs expliquent principalement ces performances à savoir :  
  • davantage de rigueur dans la mise en œuvre des réformes économiques initiées au titre des programmes de coopération entre le Sénégal et ses partenaires au développement (amélioration de la compétitivité de l’économie suite à la dévaluation de 50% de la monnaie en 1994 et dynamisme observé dans la politique de privatisation/modernisation d'entreprises publiques);
  • la relative bonne tenue des cours mondiaux des principaux produits d'exportation du Sénégal, même si ce pays a également subi, mais dans une moindre mesure, les effets négatifs induits par la crise financière en Asie en particulier en ce qui concerne les exportations des produits phosphoriques.

Cependant un changement significatif de la structure de production n’est pas apparent, traduisant ainsi le caractère fragile des performances réalisées.

 
     

Cette croissance a été tirée par les secteurs secondaire et tertiaire, dans une économie où au moins 60 % de la population active opèrent dans des activités relevant du secteur primaire. La contribution de ce dernier secteur à la formation de la richesse nationale est en nette régression. Elle passe de 21,3 % du PIB en 1990 à 17,8 % en 1998, tendance qui s'explique essentiellement par les contre performances du secteur agricole, qui est fortement dépendant des

 

conditions climatiques (néanmoins sa valeur ajoutée a augmenté de 12% en 1999 contre une variation négative de -3,2% en 1998).

  • Les parts des secteurs secondaire et tertiaire sont en hausse. De manière générale, les activités ont porté essentiellement sur les productions traditionnelles que sont les produits arachidiers, les produits de la pêche et le phosphate. La prédominance des services, illustrée notamment par le dynamisme des secteurs transports et télécommunications se confirme avec 62 % du PIB en 1998.

  • La croissance a été soutenue par une évolution favorable de la demande intérieure surtout en biens et services à des fins d'investissement, mais également par une reprise des exportations du fait d’une compétitivité améliorée des produits sénégalais. Ainsi, le taux brut d'investissement a connu une tendance à la hausse en passant de 13,6 % en 1994 à 18,7 % en 1998 et est projeté à 20,6% du PIB en l’an 2000, les investissements privés représentant environ 14,7 % du PIB. L'épargne intérieure est passée de 7 % du PIB en 1994 à 12,7 % du PIB en 1998 et est projetée à 14,1% en l’an 2000. Cette évolution des indicateurs, certes favorable, n’est pas suffisante pour soutenir une croissance économique suffisante en vue de faire face à la demande sociale croissante.

  • Le déficit global des finances publiques hors dons est réduit à 3,5 % du PIB en 1999 contre 7 % en 1993. Les réformes initiées ont permis d'améliorer la collecte de l'impôt sur le commerce extérieur et de la TVA suite aux initiatives en vue de la généralisation de celle-ci. Cependant, la pression fiscale qui est presque égale à son niveau de 1990 est estimée à 16,8% en 1998. S'agissant des dépenses publiques, des efforts de rationalisation ont contribué à les réduire de 21 % du PIB en 1990 à 15,9 % en 1998. En particulier, la masse salariale est évaluée à 37% du total en 1998 contre plus de 40 % au début de la décennie 90.

  • La maîtrise de l'inflation constatée après l'année de dévaluation du franc CFA (1994) se confirme. Le taux d’inflation mesuré par l'indice des prix à la consommation est évalué à 1,6 % en 1999. En effet, la rigueur dans les dépenses publiques, soutenue notamment par un contrôle du crédit à l’Etat a permis au Sénégal de respecter les critères de convergence au sein de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA) en consolidant les performances en matière d'inflation, à savoir un niveau inférieur à 3 %.

  • Le déficit de la balance courante (hors transferts officiels bruts) est de 6,6 % en 1999. Les efforts d'ajustement ont contribué à améliorer le taux de couverture des importations par les exportations. Cependant, la structure des exportations reste dominée par les produits traditionnels (arachidiers et de pêche), l'acide phosphorique et le phosphate; tandis que les importations de produits alimentaires en l'occurrence le riz et le blé continuent de peser sur la balance commerciale.
     
 
  • L’option nationale en matière de développement économique met l’accent sur la création d’un environnement favorable à la relance de l’investissement privé direct au Sénégal. Au delà des réformes institutionnelles, le Sénégal poursuit ses efforts de gestion rigoureuse de sa dette publique extérieure estimée (après annulation) à 76,8% du PIB en 1998 et, constituée à majorité de dette multilatérale ( 62%).
 
  • Ainsi, les programmes d'annulation dont le pays a bénéficié ont permis d’alléger le poids de la dette sur les ressources financières nationales. Selon les estimations faites par des autorités sénégalaises et le FMI en 1988, le service de la dette après annulation équivaut à 10,6% des recettes d’exportation de biens et de services et 20,8% des revenus de l ’Etat. Par ailleurs, le Sénégal est présentement éligible à l ’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Le document intérimaire de Stratégie de Croissance pour la Lutte contre la Pauvreté que le Sénégal a formulé a été approuvé par les Institutions de Bretton Woods. Conformément au calendrier retenu, le document sera finalisé d ’ici le mois de décembre 2001.

  • Si les réformes appliquées ont permis une maîtrise des déséquilibres, les actions et initiatives doivent être multipliées pour favoriser l'investissement privé direct, national et étranger. L’approfondissement des réformes doit également aller de paire avec les efforts d’identification des avantages comparatifs du Sénégal.

  • Par ailleurs, d'importants efforts doivent être déployés pour améliorer les indicateurs de développement humain. Selon l’Indicateur de Développement Humain (IDH) publié dans le Rapport Mondial Développement Humain 2000, le Sénégal occupe le 155ème rang sur 174 pays considérés.

  • En effet, sur le plan sanitaire, le Sénégal reste confronté au défi de relever l’espérance de vie qui, selon les estimations les plus récentes (1993), est de 51 ans pour les hommes et 53 ans pour les femmes. Les principales causes de décès chez les enfants de 0 à 4 ans sont les diarrhées (21 %), les maladies respiratoires (23 %) et le paludisme (9 %). Au plan national, le paludisme demeure la première cause de mortalité. Le taux de mortalité maternelle reste encore élevé (510 décès pour 100 000 naissances vivantes). La couverture vaccinale se situe pour le BCG à 80%, pour la fièvre jaune à 57 % et pour la rougeole à 60 %. Seuls 65 % de la population accèdent à un service de santé à moins de 5 km. Au Sénégal, la part du budget total allouée à la santé est encore inférieure à la norme de l'OMS, fixée à 9 %.

  • S'agissant de l’éducation, le Sénégal reste encore confronté à une situation très préoccupante: l’analphabétisme touche encore plus de 50% de la population totale et 64 % de la population féminine. Malgré les efforts fournis sur le plan de la construction et de l’équipement de salles de classe et dans le recrutement de maîtres et autres personnels enseignants, le taux brut de scolarisation au niveau du premier cycle atteint à peine 65,5 % (contre une moyenne africaine de 75%) et comporte de grandes disparités régionales puisqu'il varie entre 90,8 à Dakar, la capitale et 28,5 % à Diourbel, région la plus défavorisée. Le niveau d’encadrement illustré par un ratio élèves/maître, estimé à 65 en moyenne, traduit la qualité moyenne de l’enseignement primaire. Ces indicateurs ne sont pas en adéquation avec les ressources allouées, estimées à plus de 30 % du budget national.
 
  • Sur le plan démographique. Le taux de croissance démographique estimé à 2,7 % par an est relativement élevé compte tenu des capacités productives de l ’économie. L’objectif de la politique nationale de population est de ralentir l’accroissement de la population en ramenant l’indice synthétique de fécondité à 5 en 2001 contre 5,9 actuellement.

  • Marché de l’emploi .

    Selon les sources les plus récentes, en 1991, environ 25 % des actifs urbains opéraient dans l'économie informelle. Le chômage est estimé à 10 % par an au niveau national et 24% en milieu urbain. Tandis que le sous-emploi est plus net chez les femmes que chez les hommes, en particulier pour la tranche d’âge 15-24 ans (82 % contre 63 % pour la population totale).

  • Sécurité alimentaire.

    La situation est préoccupante puisque 30 % de la population ne disposent pas de la ration alimentaire minimum recommandée par la FAO, soit 2400 calories/jour/personne.

  • Femmes.

    De plus en plus de sénégalaises accèdent à des postes de responsabilité technique et de

   
 
   
 
  • direction :  18,5 % des ministres (nouveau gouvernement) ; 12,4 % des magistrats et et 10 % des députés sont des femmes, évolution positive qui renforce le processus de démocratisation au Sénégal.

  • Environnement.

    Le processus de désertification atteint aujourd’hui les 3/5ème du territoire national contre 2/5ème du pays en 1960. La conséquence est notamment la diminution des ressources en eau et l’augmentation du niveau de pollution, en particulier dans la vallée du fleuve Sénégal.

     
   
       
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